AMI, qui signifie Application mobile interministérielle, pourrait bientôt rassembler vos principales démarches administratives dans une seule application. Impôts, carte grise, déménagement, procuration… tout accessible sans jongler entre mille comptes et mots de passe.
Le projet en est encore aux préparatifs. Depuis janvier 2026, ils testent une version alpha, et ils visent une ouverture au public pour octobre 2026, mais rien n’est vraiment gravé dans le marbre.
AMI ne remplacera pas les services publics qui traitent vos démarches, mais elle devrait rendre l’accès et le suivi bien plus simples.
Pour ne rien rater des annonces et vérifier les modalités d’accès, gardez un œil sur les communications officielles de l’État ou sur les services numériques concernés.
Points clés à retenir
- AMI pourrait centraliser vos démarches administratives sur mobile.
- Le lancement public est envisagé pour octobre 2026, mais la date peut encore changer.
- FranceConnect, la sécurité des données, et le maintien de guichets humains restent des sujets clés.
AMI : ce qui est confirmé et ce qui reste à venir
Plusieurs acteurs publics portent ce projet numérique. L’idée, c’est de vous donner une vue claire sur vos démarches, tout en gardant les services spécialisés qui gèrent vos dossiers.
Un assistant pour la vie administrative porté par la DINUM et la DILA
La DINUM (Direction interministérielle du numérique) et la DILA (Direction de l’information légale et administrative) pilotent le développement de l’application. Leur objectif ? Créer un assistant qui vous oriente vers la bonne formalité au bon moment.
AMI n’a pas vocation à remplacer les plateformes existantes. Elle servirait plutôt de porte d’entrée vers les impôts, la carte grise ou les démarches liées à un changement de situation.
Version alpha
Depuis janvier 2026, plusieurs administrations testent une version alpha. Cette phase leur permet de voir comment l’interface fonctionne, comment circulent les infos, et d’intégrer les premières démarches numériques.
Pour l’instant, AMI n’est pas une appli stable ni accessible à tous. Les fonctionnalités et les partenaires peuvent encore évoluer avant un lancement plus large.
Calendrier d’octobre 2026 et niveau de disponibilité réel
Ils parlent d’un lancement grand public à l’automne 2026, mais ce n’est qu’une perspective, pas une promesse officielle.
Même après le lancement, AMI pourrait arriver progressivement, avec peu de démarches au début. Il faudra donc faire la différence entre l’annonce et la vraie disponibilité sur votre téléphone.
Le rôle de beta.gouv.fr, Service-Public.fr et GitHub
Des plateformes comme beta.gouv.fr mettent en avant les projets publics en test. Service-Public.fr reste la référence pour vérifier les règles et les démarches officielles.
GitHub sert parfois à publier des éléments techniques ou à recueillir des retours. Mais la présence d’un projet sur ces espaces ne veut pas dire que tout est prêt ou disponible pour vous. Vérifiez toujours le statut affiché et le domaine concerné.
Comment l’application simplifierait les démarches du quotidien
AMI veut réduire les ruptures entre administrations. Une connexion commune, des formulaires mieux pensés, un tableau de bord central… On espère surtout y gagner en temps et en clarté sur nos dossiers.
Connexion unifiée avec FranceConnect
Vous passerez sans doute par FranceConnect pour accéder à AMI, comme pour beaucoup de services publics. Cette connexion vous évite de créer un nouveau compte à chaque fois.
Les services partenaires garderaient leurs propres fonctionnements, mais AMI servirait d’interface et d’aiguillage. L’authentification serait plus simple, c’est déjà ça.
Formulaires préremplis et principe « Dites-le-nous une fois »
L’appli pourrait réutiliser des infos déjà transmises, selon le principe « Dites-le-nous une fois ». Plus besoin de ressaisir mille fois votre adresse ou votre état civil, si la loi le permet.
Mais le préremplissage ne vous enlèvera pas la main. À vous de relire, corriger et valider avant d’envoyer quoi que ce soit à l’administration.
Notifications, recommandations et suivi en temps réel
Un espace de notifications pourrait vous prévenir d’un document manquant, d’une échéance ou d’une décision. Le suivi en temps réel dépendra de la capacité de chaque partenaire à transmettre l’état de votre dossier.
AMI pourrait aussi recommander une démarche selon votre localisation ou votre situation. Si vous déménagez, elle pourrait vous orienter vers la mairie, la CAF, la MSA ou France Services.
Les recommandations devront utiliser seulement les données nécessaires. Pour les pros et les associations, ils prévoient une ouverture via ProConnect, mais ce ne sera pas la priorité au lancement.
Carte grise et véhicule : ce que l’intégration pourrait changer
Pour votre voiture, AMI pourrait rendre le parcours plus lisible, mais elle ne changera pas les règles d’immatriculation. La demande de carte grise restera traitée par le SIV, avec tous les justificatifs habituels.
Demande de carte grise, immatriculation et changement d’adresse
Depuis AMI, vous pourriez trouver facilement la bonne demande : achat, changement de titulaire, changement d’adresse ou modification administrative. L’application pourrait limiter les saisies répétées en reprenant des infos déjà connues.
Elle vous rappellerait aussi les documents nécessaires et vous tiendrait au courant de l’avancement. À vous de vérifier l’exactitude des infos, de payer les taxes, et d’envoyer les pièces demandées.
ANTS, France Titres et SIV : les services qui restent indispensables
L’ANTS et France Titres restent les acteurs de référence pour l’immatriculation. Le SIV continue d’enregistrer officiellement les certificats.
AMI ne remplacera pas ces services. Elle vous y conduit peut-être plus simplement, mais la production de la carte grise dépend toujours des circuits officiels.
Pour les amendes, rien ne change non plus. Une appli unique pourrait juste faciliter leur suivi ou leur paiement, mais pas modifier les règles en place.
La place de Simplimmat dans le futur parcours
Simplimmat existe déjà pour certaines démarches de cession et d’immatriculation. Si elle s’intègre à AMI, vous n’aurez plus à chercher l’outil adapté à votre cas.
Il faudra clarifier cette complémentarité au lancement. Est-ce qu’AMI reprend la fonction, ouvre Simplimmat ou redirige vers France Titres ? On espère éviter les doublons et les erreurs.
Les démarches susceptibles d’être réunies dans AMI
Le champ d’AMI va au-delà de la carte grise. L’appli pourrait regrouper des démarches fiscales, des formalités liées aux événements de vie, et des services d’accompagnement. L’intégration se fera sûrement par étapes, selon les partenaires.
Impôts, procuration et événements de vie
Votre déclaration d’impôts pourrait figurer parmi les démarches proposées. AMI vous orienterait vers le service fiscal, rappellerait les échéances et afficherait les actions à faire.
La procuration, surtout avant une élection, suivrait le même principe. Pour un mariage ou autre événement, AMI vous proposerait une liste de formalités, sans remplacer la mairie ou l’administration compétente.
Déménagement : accompagnement local et formalités associées
Un déménagement, c’est souvent un casse-tête : adresse fiscale, carte grise, contrats, prestations sociales, inscriptions diverses… AMI pourrait présenter les étapes dans un ordre logique et vous aider à repérer les organismes concernés.
La qualité de l’accompagnement dépendra des infos disponibles sur votre nouvelle commune. Certaines démarches, notamment auprès de la mairie ou des services sociaux, demanderont sûrement un contact direct, surtout si votre situation est particulière.
Les partenaires et services de proximité déjà évoqués
France Services garderait un rôle clé pour vous aider à utiliser AMI ou à finir une formalité. Cybermalveillance.gouv.fr pourrait vous conseiller en cas de fraude, de phishing ou de compte compromis.
Le service Ma Sécurité pourrait aussi orienter vos demandes vers la police ou la gendarmerie. Ces partenaires montrent qu’AMI ne sera pas juste un catalogue de formulaires, mais un vrai guide pour trouver le bon interlocuteur.
Données sensibles : les garanties attendues et les points de vigilance
Centraliser vos démarches, c’est pratique, mais ça rend la sécurité encore plus cruciale. Identité, situation fiscale, adresse, éléments sociaux… tout ça doit être protégé avec des règles strictes et des contrôles réguliers.
Stockage local et protection de la vie privée
Le projet prévoit de stocker une grosse partie des données localement sur votre téléphone, au lieu de tout envoyer sur des serveurs distants. Cette approche pourrait limiter la circulation d’infos sensibles, à condition que votre appareil soit bien protégé.
Vous devrez aussi pouvoir consulter les données utilisées, comprendre pourquoi elles le sont, et supprimer ce qui peut l’être. La protection de la vie privée ne dépend pas que du stockage : il faut aussi minimiser les données, chiffrer, et informer clairement l’utilisateur.
Cybersécurité : bénéfices et risques d’un accès centralisé
Une connexion unifiée, c’est pratique : vous retenez moins de mots de passe et vous évitez de vous perdre dans les interfaces. Mais soyons honnêtes, ce genre de point d’entrée attire aussi les fraudeurs comme des aimants.
AMI doit donc prévoir une authentification solide, des alertes si une connexion paraît louche, et des moyens de récupérer l’accès sans se mettre en danger. Les incidents récents sur l’ANTS ou la CAF nous rappellent qu’aucun système connecté n’est invulnérable.
Téléphone perdu, changement d’appareil et accompagnement des usagers
Il faut pouvoir couper une session ou retirer un appareil perdu sans que vos infos traînent partout. Quand on change de téléphone, on veut que ce soit simple, mais pas au point de laisser la porte ouverte à n’importe qui.
L’accompagnement humain restera indispensable. Les agents France Services, les administrations ou même les proches pourront donner un coup de main, surtout si la sécurité numérique vous stresse, ou si votre vieux téléphone a rendu l’âme.
La France face aux modèles européens
Plusieurs pays européens ont déjà tenté l’aventure d’une appli unique. Leurs expériences montrent que ça peut vraiment simplifier la vie, mais seulement si on a des identités numériques solides, des services bien connectés, et des solutions pour ceux qui galèrent avec le numérique.
Diia en Ukraine, l’exemple le plus souvent cité
En Ukraine, Diia fait figure de référence pour l’accès centralisé aux documents et services publics. Son succès vient d’une interface claire et surtout d’une vraie coordination administrative.
Pour AMI, on ne peut pas copier-coller ce modèle. Les lois, les infrastructures et les attentes des Français diffèrent, même si tout le monde cherche à simplifier.
Ce que montrent les expériences de l’Estonie et des Pays-Bas
L’Estonie a poussé l’identité numérique très loin, tout est ou presque accessible en ligne. Les Pays-Bas, eux aussi, ont renforcé l’accès unifié avec des outils communs.
Mais une appli, ce n’est pas magique. On avance vraiment quand toutes les administrations jouent le jeu, partagent les mêmes bases et respectent des règles claires.
Pourquoi AMI doit compléter les guichets humains
Une appli unique, c’est top pour les démarches faciles. Mais face à un dossier bloqué, un justificatif atypique ou un souci social, rien ne vaut un humain à l’écoute.
Les guichets physiques, les permanences ou France Services doivent rester là. Le numérique doit juste vous offrir une option de plus, pas remplacer tout le reste.
Frequently Asked Questions
Quelles démarches administratives seront accessibles depuis cette application unique ?
AMI pourrait regrouper des démarches comme les impôts, la carte grise, le changement d’adresse, la procuration ou d’autres formalités liées à la vie courante. La liste dépendra des administrations partenaires et de la mise en place progressive du projet.
À quelle date le lancement de cette application est-il prévu ?
Le lancement grand public est prévu à l’automne 2026, probablement en octobre. Cette date reste indicative et pourrait changer selon les tests et les choix officiels.
L’utilisation de cette application sera-t-elle obligatoire pour les usagers ?
Aucune indication ne laisse penser qu’AMI deviendra obligatoire. Les services publics continueront à proposer d’autres moyens : sites, téléphone, accueil physique.
Comment les données personnelles et fiscales seront-elles protégées ?
Le projet souhaite stocker une partie des données directement sur votre appareil, histoire de limiter leur circulation. Il faudra aussi des garanties solides : authentification forte, chiffrement, contrôle des accès, transparence sur ce qui est fait de vos infos, et des procédures claires en cas de pépin.
Pourra-t-on effectuer un changement d’adresse, une déclaration d’impôts ou une demande de carte grise au même endroit ?
Vous pourriez gérer toutes ces démarches depuis le tableau de bord AMI. Les services compétents, comme les impôts ou France Titres, traiteraient toujours les demandes, et certaines formalités pourraient demander de passer par une plateforme dédiée.
Que se passera-t-il pour les personnes qui ne disposent pas d’un smartphone ou d’un accès à Internet ?
Elles pourront toujours passer par les guichets, le téléphone, ou se rendre dans des points d’accompagnement comme France Services.
On ne devrait pas abandonner ces solutions, vraiment. Sinon, une simple application mobile risquerait de laisser certaines personnes sur le bord de la route.

Ana Dupont, titulaire d’une licence en sciences politiques de l’Université de Bretagne Occidentale, est une journaliste et rédactrice freelance passionnée. Basée en Normandie, elle se spécialise dans l’accès à l’information sur les prestations sociales. Son blog offre des analyses perspicaces pour démystifier les complexités administratives, aidant ainsi ses lecteurs à comprendre et à naviguer dans les systèmes de prestations.


