Si vous exercez une profession libérale et perdez votre activité de manière définitive et involontaire, vous pouvez prétendre à l’Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI). Cette allocation vous permet de bénéficier d’un revenu de remplacement d’environ 800 € par mois pendant 6 mois, à condition de remplir certaines conditions précises.
Pour accéder à l’ATI, vous devez justifier d’au moins deux ans d’activité, percevoir un revenu annuel minimum, avoir cessé votre activité officiellement, et être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. Les démarches impliquent de fournir des justificatifs précis et de suivre une procédure auprès des autorités compétentes.
Comprendre ces conditions et les étapes à suivre est essentiel pour sécuriser votre situation financière en cas de fin d’activité. Ce guide vous expliquera concrètement comment faire votre demande et quelles alternatives existent si vous n’êtes pas éligible à l’ATI.
Points Clés de l’Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) pour les Libéraux
- Éligibilité stricte : La cessation d’activité doit être involontaire (liquidation, redressement judiciaire) ou motivée par une non-viabilité économique attestée par un tiers de confiance (baisse de revenus d’au moins 30 %).
- Conditions cumulatives : Outre la cessation involontaire, l’ATI exige une ancienneté d’au moins 2 ans, des revenus professionnels minimaux (10 000 € sur l’une des 2 dernières années), l’inscription à France Travail et des ressources personnelles sous le seuil du RSA.
- Allocation limitée : Le montant forfaitaire de l’ATI est d’environ 800 € par mois, versé pour une durée maximale de 6 mois, soulignant l’importance d’une potentielle assurance complémentaire.
Conditions pour bénéficier de l’ATI en profession libérale
Pour pouvoir prétendre à l’allocation des travailleurs indépendants (ATI), vous devez remplir plusieurs critères précis liés à votre type d’activité, à la durée et aux revenus générés, ainsi qu’aux circonstances de la cessation. Votre situation financière, notamment vos ressources personnelles, est aussi prise en compte pour garantir un accompagnement ciblé.
Profils éligibles et formes d’activité concernées
L’ATI s’adresse principalement aux travailleurs indépendants, y compris les professions libérales telles que les médecins, avocats, consultants, artisans ou commerçants. Sont également concernés les micro-entrepreneurs, exploitants agricoles, mandataires d’assurance, artistes-auteurs, et dirigeants de sociétés civiles ou commerciales (SA, SEL).
Votre activité doit être exercée sous un statut reconnu de travailleur non salarié (TNS). Les mandataires sociaux remplacés dans le cadre d’un plan de redressement judiciaire peuvent aussi prétendre à l’ATI.
Les travailleurs exerçant en profession libérale doivent justifier d’un lien direct entre leur activité et le régime du travail indépendant. Les dirigeants bénéficient parfois d’un droit d’option entre régime salarié ou indépendant pour l’allocation.
Critères de durée d’activité et revenus minimaux
Vous devez avoir exercé votre activité indépendante de manière effective pendant au moins deux ans continus avant la cessation. Cette condition permet de confirmer votre assujettissement au régime des travailleurs indépendants.
Vos revenus issus de cette activité doivent dépasser un certain seuil, qui garantit une assiette suffisante pour ouvrir droit à l’ATI. Le montant exigé correspond en général à un revenu annuel minimal lié à vos déclarations fiscales ou sociales.
Cette durée minimum et ce niveau de revenus s’appliquent à tous, qu’il s’agisse d’un micro-entrepreneur ou d’un professionnel libéral en société (SA, SEL). Les critères sont vérifiés à partir des données transmises au Centre de Formalités des Entreprises (CFE).
Cessation d’activité : liquidation, redressement ou non-viabilité
La cessation de votre activité doit être définitive et involontaire. Trois cas de figure sont retenus :
- Liquidation judiciaire : votre entreprise est officiellement en liquidation à la date de cessation.
- Plan de redressement judiciaire : vous êtes remplacé dans vos fonctions de dirigeant dans le cadre d’un plan validé par un tribunal.
- Non-viabilité économique : depuis le 1er avril 2022, une baisse d’au moins 30 % de vos revenus déclarés sur l’activité permet de justifier la fin pour cause économique.
Tous ces cas doivent être documentés par une décision judiciaire définitive, non susceptible de recours. La déclaration de cessation doit être enregistrée auprès du CFE ou du guichet unique électronique.
Plafond de ressources et alternatives en cas d’inéligibilité
Vos ressources personnelles ne doivent pas dépasser le plafond mensuel du RSA, ce qui vise à concentrer l’ATI vers les plus fragiles économiquement. Cette limite permet d’éviter que des revenus complémentaires élevés n’empêchent l’attribution.
Vous devez aussi remplir d’autres conditions classiques : résider en France, être en capacité physique de travailler, être activement à la recherche d’un emploi, et ne pas bénéficier d’une retraite à taux plein.
En cas d’inéligibilité, plusieurs alternatives existent, comme le droit d’option vers l’ARE si vous aviez des périodes d’activité salariée antérieures, ou des dispositifs d’aides spécifiques à certaines professions libérales.
Les informations complètes et démarches sont accessibles sur le site de France Travail dédié au chômage des indépendants.
Démarches pour obtenir l’ATI pour les professions libérales
Pour bénéficier de l’ATI, vous devez respecter plusieurs étapes administratives essentielles, allant de votre inscription à France Travail jusqu’au suivi du versement de l’allocation. Ces démarches incluent aussi le rôle important de l’expert-comptable et du tiers de confiance dans la constitution de votre dossier. Chacune de ces étapes est clé pour garantir le bon traitement de votre demande.
Inscription comme demandeur d’emploi auprès de France Travail
La première étape consiste à vous inscrire comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. Cette inscription est indispensable pour ouvrir vos droits à l’ATI. Vous devez fournir des pièces justificatives prouvant la cessation définitive et involontaire de votre activité libérale.
Lors de l’inscription, vous déclarez votre situation professionnelle et vos revenus des dernières années. France Travail utilise ces informations pour vérifier votre éligibilité à l’allocation des travailleurs indépendants, notamment en examinant la liquidation judiciaire ou le redressement judiciaire de votre entreprise.
Rôle de l’expert-comptable et du tiers de confiance
L’expert-comptable ou un tiers de confiance, souvent désigné, joue un rôle crucial pour certifier les éléments financiers de votre activité. Il vérifie et atteste vos revenus, dépenses, ainsi que la situation comptable de votre entreprise.
Cette validation permet d’établir de manière fiable le montant des recettes et la nature des abattements applicables. Le tiers de confiance garantit que vos déclarations correspondent aux conditions exigées pour bénéficier de l’ATI, évitant ainsi les erreurs qui pourraient retarder ou compromettre votre dossier.
Constitution et transmission du dossier
Le dossier de demande d’ATI doit contenir plusieurs documents essentiels : justificatifs d’immatriculation, décisions judiciaires de liquidation ou redressement, attestations de revenus certifiées par le tiers de confiance, ainsi qu’un formulaire de demande complété.
Vous envoyez ce dossier à France Travail via leur espace en ligne ou par courrier recommandé. Une bonne organisation et l’exhaustivité des pièces accélèrent le traitement de votre demande. Veillez à respecter les deadlines fixées pour éviter la perte de vos droits.
Versement, montant de l’allocation et suivi
L’allocation des travailleurs indépendants est un revenu de remplacement versé mensuellement. Son montant dépend de vos revenus précédents, avec un plafond fixé par la réglementation, et elle est versée pour une durée limitée, souvent jusqu’à six mois.
France Travail assure le suivi de votre dossier et peut demander des justificatifs complémentaires si nécessaire. Vous devez également actualiser votre situation mensuellement, comme tout demandeur d’emploi, pour continuer à percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) dédiée aux indépendants.
Récapitulatif des Conditions et Démarches Clés pour l’ATI
Une synthèse pour mieux appréhender le dispositif
Le tableau suivant condense les informations essentielles concernant les conditions d’éligibilité et les démarches pour l’ATI.
Questions fréquemment posées
Vous devez remplir plusieurs conditions précises et fournir des documents spécifiques pour prétendre à l’ATI en tant que professionnel libéral. La procédure implique une inscription obligatoire auprès de France Travail et le respect de délais stricts pour votre demande.
Quelles sont les conditions requises pour les professionnels libéraux afin d’obtenir l’Aide au Travailleur Indépendant (ATI) ?
Vous devez justifier d’au moins deux ans d’activité non salariée exclusive au sein de la même entreprise. Votre cessation d’activité doit être involontaire, souvent liée à une liquidation judiciaire ou à une baisse de revenus d’au moins 30 %. Vous devez avoir généré au moins 10 000 € de revenus professionnels annuels, sauf à Mayotte où le seuil est de 7 500 €.
Quel est le processus de demande d’ATI pour un professionnel libéral au chômage ?
Vous devez vous inscrire comme demandeur d’emploi auprès de France Travail dans les 12 mois suivant la cessation de votre activité. Après l’inscription, vous recevrez un dossier à compléter et à retourner avec les justificatifs exigés. Le choix entre l’ATI et l’ARE peut vous être proposé si vous avez droit aux deux.
Comment le statut de chômage affecte-t-il l’éligibilité à l’ATI pour les professionnels libéraux ?
Pour bénéficier de l’ATI, vous devez être activement à la recherche d’un emploi et inscrit comme demandeur d’emploi. Vous ne devez pas percevoir d’autres allocations chômage ou une retraite à taux plein. Vos ressources personnelles ne doivent pas dépasser le montant du RSA.
Quels documents sont nécessaires pour faire une demande d’ATI en tant que professionnel libéral ?
Vous devez fournir le jugement de liquidation ou de redressement judiciaire. Une attestation d’un tiers de confiance, comme un expert-comptable ou un représentant consulaire, est obligatoire pour justifier la baisse de revenus ou la non-viabilité économique. Des preuves de votre activité antérieure sont également demandées.
Existe-t-il des exclusions ou des restrictions spécifiques à l’ATI pour ceux qui exercent une profession libérale ?
L’ATI n’est pas cumulable avec une autre allocation chômage ni avec une pension de retraite complète. Le cumul avec une nouvelle activité professionnelle est limité à 3 mois. Vous devez respecter un délai de carence de 5 ans avant une nouvelle demande d’ATI.
Quels sont les délais à respecter pour la demande d’ATI après avoir déclaré un chômage en tant que professionnel libéral ?
Vous avez 12 mois à partir de la date officielle de cessation de votre activité pour vous inscrire comme demandeur d’emploi et déposer votre demande d’ATI. Passé ce délai, votre demande sera considérée comme irrecevable. Le délai de carence de 5 ans commence après la fin du versement d’une allocation précédente.

Ana Dupont, titulaire d’une licence en sciences politiques de l’Université de Bretagne Occidentale, est une journaliste et rédactrice freelance passionnée. Basée en Normandie, elle se spécialise dans l’accès à l’information sur les prestations sociales. Son blog offre des analyses perspicaces pour démystifier les complexités administratives, aidant ainsi ses lecteurs à comprendre et à naviguer dans les systèmes de prestations.


